spectacles

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Silence on brûle !


en coproduction avec les Acteurs de l’ombre

avec
Corinne Aron / Marine Haelterman
Pauline Brouyaux
Robin Carton
Julie De Cock
Manon Van der Vorst

mise en scène                           Patrick Duquesne
assistante à la mise en scène      Sara Puma
scénographie                             Michaël De Clercq
éclairage                                   Mathieu Houart

Elles sont quatre, elles frottent, astiquent, récurent un sol blanc, immaculé. Quatre nettoyeuses chevillées à leur boulot. Quatre femmes qui rêvent d’autre chose, d’ailleurs… Et voilà qu’il surgit soudain, sur le lieu même où elles travaillent, détrempé, boueux, salissant.

Le migrant.

Peu importe d’où il vient et qui il est, les nettoyeuses n’ont qu’un objectif: le chasser. S’engage alors une curieuse altercation où «l’étranger» n’est pas forcément celui qu’on croit. Car en opposant ses rêves d’un monde meilleur au monde clean que ces nettoyeuses échangent contre un peu d’argent, ce curieux migrant ébranle dangereusement les certitudes de chacun…

 


Traiter de ce qui agite notre planète, interpeller les évènements brûlants, les crises et leurs conséquences. Absorber les faits, les digérer puis les régurgiter. Voilà le théâtre qui parle, empoigne à bras le corps la réalité, l’ingurgite pour « mieux » la restituer… Oui « mieux », non pas embellie ou polie, non pas égayée ou plaisante. « Mieux », c’est-à-dire plus claire, dépouillée de ses tenues médiatiques ou politiques.

Avec pour seul but le changement, la transformation.

Nous ne sommes pas médecins, chirurgiens ou philosophes. Nous sommes concernés. Directement. Nous sommes comédiens-animateurs, nos ateliers sont la source à laquelle nous puisons la matière première de nos créations. Partageant les difficultés, souffrances, parcours de vie que nous livrent les participants de nos ateliers, nous avons voulu plonger dans la signification du mot « migration » et en écouter toutes les résonnances.

Les bombes, la faim, les désastres écologiques, économiques jettent des milliers de personnes sur les routes, loin de chez eux, hors de leur vie quotidienne.

Le travail, les transports en commun, la routine, les sauts périlleux pour joindre les deux bouts, finir le mois, payer les factures, habiller les enfants, soigner les grands-parents… éloignent les gens d’eux-mêmes, de leur humanité profonde.

Bref, qu’on soit exclu, rejeté, expulsé, déraciné, on est exilé.

Exilé hors de soi, hors de sa vie, hors de son pays, avec finalement la même question aux lèvres : Où est ma place ?

De cette question et de la correspondance des situations d’exil, nous avons fait la chair et le sang de notre spectacle.


Au final, sur cette large planète où nous respirons tous un même air de moins en moins supportable, de qui sommes-nous profondément l’étranger ?

Lui, le migrant, il arrive de loin, de l’inconnu. Les bombes et la faim, les catastrophes écologiques et économiques l’ont jeté sur les routes, loin de chez lui, hors de sa vie quotidienne.

Elles, elles ont perdu leur vie à la gagner, consacré leur existence à travailler. Elles sont des exilées de l’intérieur, dépossédées de leur corps et de leur esprit, évincées de leurs désirs et de leur volonté.

Pourront-ils se rencontrer?


Une création collective qui aborde la question des migrations en tentant d’écouter toutes les résonances que ce mot éveille en nous. Le pari de rendre toute sa force à ce que nous sentons dans l’air du temps. Et le désir de chuchoter comme un vent léger, joyeux, explosif.


Sur un ton cynique, parfois drôle, mais laissant la place au sensible, Silence on brûle ! questionne nos certitudes les plus intimes.

Toutes les photos de cette page sont de Ger Spendel

Dans le livre d’or, après la représentation du 19 novembre 2016 à Grenoble


Très beau spectacle, qui dit ce que je pensais sans pouvoir le verbaliser. (Anne)

Les hommes sont tous des étrangers sur terre. Alors ce théâtre m’a permis de mieux vivre
avec les autres. (Sekon)

Une pièce très forte qui appelle à agir. Envers les autres, en les accueillant avec ce
qu’ils peuvent nous apporter. Envers nous-même, en ne laissant par les rêves et
le passé se perdre, pour ne pas avoir une existence vide. Cette pièce est un
appel à agir. (Chloé)