spectacles

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Madoff


avec
Dimitri Frosali

et la participation de Brunetto Bardi

réalisation vidéo Elio Colligiani
dramaturgie Patrick Duquesne et Dimitri Frosali
mise en scène Patrick Duquesne

Alors qu’il était au sommet de la richesse et de la gloire, qu’est-ce qui a bien pu pousser le président du Nasdaq, Bernard Madoff, à monter une des plus grandes arnaques boursières et financières jamais organisées, ruinant des milliers de grosses fortunes crédules telles Steven Spielberg.
Madoff a fait disparaître l’équivalent des budgets annuels nord-américains des ministères du Travail, de l’Intérieur, des Transports, du Trésor et de la NASA réunis. Mais pourquoi? Pour l’argent? Mystère. A son procès, il s’exprime peu. Condamné en 2009 à 150 ans pour escroquerie, il ne parle pas non plus derrière les barreaux…

A partir de là, Patrick Duquesne et Dimitri Frosali ont imaginé une suite à l’histoire. Une étrange rencontre entre Bernard Madoff et la vérité. Tout commence par la visite d’un inspecteur du Ministère de la Justice, pugnace et querelleur: «Pour nous, le procès au cours duquel vous avez été condamné est une farce. On a immédiatement mis le juge à la retraite. Rien de ce que vous avez déclaré n’est crédible. Il manque un élément important. La vérité.»

Oui, mais où se cache-t-elle? Dans la religion, dans l’argent, dans la révolution? Les incertitudes actuelles sont toutes passées en revue jusqu’à ce qu’enfin Madoff se mette à table. Un nouvel acteur fait alors son entrée sur scène.

Et il ressemble curieusement à un damné de la terre.

Si l’épopée de Madoff et de ses victimes était une fiction, les critiques parleraient surement d’un scénario un peu cliché sur l’Amérique éternelle, symbole rabâché d’un système qui fait et défait les fortunes. Mais Madoff – l’homme qui valait cinquante milliards de dollars – n’est pas un film. Et le capitalisme n’est pas uniquement un spectacle…

Le 11 décembre 2008 alors que la crise financière ravage les États-Unis et le reste du monde, Bernard Madoff est arrêté par le FBI et mis en examen. Au sommet de la richesse et de la gloire, le président du Nasdaq, avait mis sur pied l’une des plus grandes pyramides financières jamais organisées, et fait disparaître l’équivalent des budgets annuels de cinq ministères nord-américains, ruinant dans la foulée des milliers de grosses fortunes comme Steven Spielberg ou Elie Wiesel, le prix Nobel de la Paix…

« Je voulais donner la parole aux différents acteurs de ce drame tellement contemporain, souligne Patrick Duquesne. Pas uniquement au financier anéanti mais à beaucoup d’autres personnages, tous liés à l’argent qui, comme le rappelle Shakespeare dans Timon d’Athènes « rend le blanc noir, le beau laid, le juste injuste ». Nous trouvions intéressant de baser notre écriture sur cette capacité transformiste de l’argent. Dans le monde d’aujourd’hui, tout se retourne en un instant. Tout est coup de théâtre. Ce qui semble réel – les intérêts sur un investissement – devient virtuel dès que la confiance s’effondre. De la même manière, dans le spectacle, un personnage en cache un autre. Vérité et mensonge se côtoient en permanence. Telle l’idée de développement, un temps promesse de bonheur et qui s’est paradoxalement transformée aujourd’hui en menace pour le devenir de l’humanité. »

« L’histoire de l’arnaque du siècle n’est qu’un prétexte. Nous nous sommes éloignés de la biographie de Madoff. Ce qui m’a passionné chez ce financier et sur quoi nous avons fantasmé, c’est la métaphore qu’il contient et qui reflète le moment historique que nous traversons. Dans notre dramaturgie cela pourrait se résumer à cette question légèrement provocatrice : « Au final, qui mieux que le capitalisme est capable de détruire le capitalisme? »

“Nous n’avons bien sûr aucunement l’intention d’intenter un Nuremberg du capitalisme avec ce spectacle, ce serait présomptueux. Et puis aujourd’hui, la question n’est plus d’en faire le procès mais de trouver une solution pour y survivre. … Nous estimons extrêmement salutaire de nous confronter à des thématiques qui n’ont pas peur de la réalité et ne craignent donc pas l’utopie. »


Une fiche artistique est disponible.

Le texte du spectacle MADOFF, assorti d’une introduction a été publié aux

Editions du Cerisier.