Festivals

FITA Teatro Azione
San Casciano juin – juillet 2013


10ème FITA ITALIE (du 27 juin au 20 juillet 2013)
à San Casciano in Val di Pesa (Florence)


POUVOIR ?
 

« On
voit par expérience que les princes qui, de notre temps, ont fait de grandes
choses, n’ont pas tenu grand compte de leur parole, qu’ils ont su par ruse
circonvenir l’esprit des hommes, et qu’à la fin ils ont surpassé ceux qui se
sont fondés sur la loyauté. »

(Le Prince – Machiavel, 1513)

Et si Machiavel avait raison ?

Et si Machiavel avait dit ouvertement tout haut ce que le
pouvoir fait en secret tout bas?
Et si la conduite des puissants, en mal de gouvernance,
consistait effectivement à feindre d’œuvrer au bonheur de tous pour ensuite
obéir à l’argent, au pouvoir économique ? …

Il était une fois, il y a bien longtemps de cela, en
Amérique Centrale, une petite communauté d’êtres humains qui considérait le
pouvoir comme une porte ouverte à tous les abus. Tout en concevant la nécessité
d’attribuer à l’un d’entre eux le pouvoir de présider à leur destinée, ils
craignaient par-dessus tout que leur chef les trahisse. Comment être certain
qu’une fois le gouvernail en main, il n’en profiterait pas pour mener égoïstement
sa petite barque ? Comment faire pour que l’intérêt personnel de l’élu
épouse véritablement les besoins collectifs de leur communauté ?

Ces fiers indiens, dont la petite tribu vivait encore bien
loin du monde de l’argent, mirent au point un procédé fort original dont le but
était d’encourager le chef désigné à ne jamais oublier ses engagements. Sans
commission électorale et sans urne. Un simple pot de terre cuite rempli de
braises bien rouges sur lequel le futur dirigeant vient s’asseoir après avoir
baissé son pantalon. Il y restera tout le temps dont ses sujets auront besoin
pour lui exposer la longue liste des responsabilités qu’implique sa fonction.
Le feu qui lui brûle le derrière est là pour qu’il se remémore à tout moment qui
l’a mis à cette place. Mais aussi et surtout que le pouvoir n’est pas un trône.
Qu’il n’est pas assis pour se reposer mais pour agir dans le sens de l’intérêt
général. Et les braises se consument…

Certaines responsabilités sont énoncées rapidement, d’autres
plus importantes, beaucoup plus lentement. L’une d’entre elles rappelle qu’il dirigera
la petite communauté pour un an seulement et qu’ensuite, il ne pourra plus
jamais assumer cette fonction. Au cas où il chercherait à s’imposer comme
dictateur ou simplement à s’accrocher au pouvoir, les charbons ardents sur
lesquelles il médite annoncent prosaïquement un autre feu, si puissant celui-là
qu’il ne resterait rien de lui ni de son siège. Et les braises se consument…

Pour prouver que le message est bien passé, l’élu a pour
habitude, une fois les discours terminés, de s’attarder un peu sur son pot
brûlant, confirmant ainsi, à l’occasion de ce premier acte officiel, sa pleine
disponibilité à servir ses frères. Aucune trace de souffrance sur son visage.
Au contraire, il cherche à faire rire, à plaisanter. Comme si ce feu sous lui
n’était qu’une risible matérialisation des flammes d’enthousiasme qui a conduit
sa tribu à le désigner comme chef. Et les braises se consument…

C’est alors seulement que, plein d’humilité, l’homme choisi
par sa tribu quitte son pot de terre cuite. Une fois debout, un de ses amis lui
enduit les fesses d’huile pour calmer ses brûlures. Mais cloques et cicatrices laisseront
leurs empreintes, indélébiles. Et si il ose la question : « I’ve got
the power ? »
.  Son postérieur
lui répondra chaque fois qu’il s’installera dans un fauteuil « Non, non,
mon ami, ce n’est pas toi qui a le pouvoir, mais ta communauté »
. Et
pendant les longs mois que durera sa gouvernance, l’élu se remémorera le
pouvoir sur lequel il est assis…

Et si Machiavel n’avait pas raison?

Si être un prince et prendre le pouvoir n’était pas le
but ultime de l’être humain ? Si le pouvoir suprême consistait à refuser
de le déléguer et à l’organiser, comme ces indiens d’Amérique Centrale?
Et si Machiavel avait tort ?
Si la véritable puissance pour l’homme résidait, non pas
dans la prise de pouvoir par « une heureuse astuce », « par
la faveur du peuple » ou « par l’aide des riches », « par
les lois ou par la force »
… mais dans l’abolition des inégalités
sociales ?

Patrick Duquesne.

 
° 27 juin – ECHEC AU ROI, Flash Mob théâtral proposé par une trentaine d’acteurs, suivi d’un court monologue de Dimitri Frosali reprenant l’histoire cachée des lieux de San Casciano, lieux qui seront utilisés pour les représentations des Petites Formes Théâtrales les
jours suivants.

 

° 28 juin – CINQ COURTS THEATRAUX INTERNATIONAUX Première Partie –Proposés par des compagnies théâtrales provenant de la Commuauté Française de Belgique (Compagnie Buissonnière et Alvéole Théâtre), d’Espagne (Cascara Rotta) et d’Italie (Laboratorio Amaltea, Kymeia, Teatro dei Passi).

 
° 29 juin – RENCONTRES INTERNATIONALES D’ATELIER entre comédiens et animateurs de théâtre-action venus de Belgique, d’Espagne, d’Italie et de Grèce, animées par les animateurs et animatrices du Collectif Libertalia
En soirée – PEZZI PAZZI D’ARTE – PERFORMANCES proposées par Kirsten Lockie, Patricia Zingaretti, Genni Cortigiani et le Collectif Libertalia.  

° 30 juin – Représentation de quelques COURTS THEATRAUX (petites formes) dans le cadre de la manifestation IN UN MONDO PIU’ PARCO à Scandicci, au Parc du Castelo dell’Acciaiolo: Cascara Rotta (ESP) – Leonardo Venturi (IT) – Alvéole/Buissonnière
(BE) – Teatro Contadino Libertario (IT)

° 1er juillet – CINQ COURTS THEATRAUX INTERNATIONAUX Deuxième Partie – (avec l’apport de l’historien Alberto Ciampi)
5 corti proposés par des compagnies théâtrales provenant de la Commuauté Française de Belgique (Compagnie du Campus, Collectif Libertalia) et d’Italie (Teatro Contadino Libertario, Gruppo di Cairano, Teatro dei Passi).

° 2 juillet – INDIGNATI – Prêches de Savonarola, 500 ans après, de Stefano Massini, avec accompagnement musical de Stefano Corsi.

° 3 et 4 juillet – IL PRINCIPE AZZURRO
 – avec Tommaso Taddei de la Compagnie Gogmagog
Maison de Machiavel, Sant’Andrea in Percussina.

° 18, 19 et 20 juillet – DAL PANE A DON CHISCIOTTE
– Adriano Miliani / Jack and Joe Thatre
Villa Montepaldi – San Casciano V.Pesa

Pour revoir le reportage qu’Antenne Centre a réalisé sur le Festival International de Théâtre Action en Italie, l’année passée…  ! cliquez ici !
(à part les mandolines, c’est super!)