Festivals

FITA Teatro Azione
San Casciano juin 2014


11ème FITA ITALIE (du 23 au 29 juin 2014)
à San Casciano in Val di Pesa (Florence)

° lundi 23 juin 
18h30 – Inauguration – Apéritif et Intervention surprise par Samuel Osman et Viviana Pierozzi 

21h – CON-TATTO – Corto Théâtral de la Cie Spalle Bagnate
21h30 – LA GRANDE BOUFFE – Corto Théâtral de la Cie Il Laboratorio, mise en scène S. Osman 
22h – WU MING – Atelier théâtre, mise en scène D. Frosali 

° mardi 24 juin

19h – FAIM DE… « No Mafie » / Rencontre animée par l’Ass. Libera – Luca Grillo
21h – « CAPITA DI DOVER TACERE PER POTER ESSERE ASCOLTATI » – Corto théâtral et physique de la Kymeia Compagnia Danza
21h15 – « CON LA CULTURA NON SI MANGIA » – 
Corto musical de la Cie Cabarettista Prima Materia
21h45 « PIGS » – 
Cie Il Laboratorio, mise en scène D. Frosali
 
° mercredi 25 juin
19h – FAIM DE… « Autodétermination alimentaire » / Rencontre animée par Genuino Clandestino
21h – « A ME MI NON PIACE » – Corto théâtral du Groupe Indifferenziati, mise en scène M. Borgheresi
21h30 – « CI DISPIACE SIETE SU UNA TERRA CHE NON VI APPARTIENE PIU » – Teatro Contadino Libertario

° jeudi 26 juin

19h – FAIM DE… « Spreco Zero » / Rencontre animée par l’AssMani Tese
21h – « L’INSOUTENABLE LOURDEUR DE LA CROISSANCE » – de la Compagnie Gogmagog, avec Emiliano Terreni et Tommaso Taddei
22h « PRIMA DIGESTIO FIT IN CUORE » – Corto musical et théâtral du groupe Makardia

° vendredi 27 juin
10h à 17h – « ATELIER DE THEATRE ACTION » proposé par Giovanni Orlandi de la Compagnie du Campus (Belgique)

19h – FAIM DE… « Espace » / Rencontre animée par les Ed. Le Piagge

21h – « LA FAME GIUSTIFICA I MEZZI » – Corto théâtral du Collectif Libertalia (Belgique)

21h15 – « CECI N’EST PAS UN BAC » – Corto théâtral de la Cie ThisHarm, mis en scène par V.Bellini
21h30 – « MATTEO 5:6 » – Corto théâtral mis en scène par P.Ciotti
21h45 – « FAMME » – Corto théâtral de la Cie Cascara Rota (Espagne)
avec la participation de Isidoros Palakis (Grèce)

° samedi 28 juin

19h – FAIM DE… « Communauté » / Rencontre animée par la Libreria dei Lettori
20h30 – « SCHERZO MA NON TROPPO » – spectacle de la Compagnie Gogmagog, avec Carlo Salvador, mise en scène de Tommaso Taddei (au Ridotto du Th Niccolini)
22h « FAME! » spectacle du Collectif Libertalia et du Laboratorio Amaltea, avec C.Aron, M.Borgheresi et S. Osman, mise en scène de P.Duquesne

° dimanche 29 juin

17h – « IN UN MONDO PIU PARCO » – Castello dell’Acciaolo à Scandicci. 

20h30 – « SCHERZO MA NON TROPPO » – spectacle de la Compagnie Gogmagog, avec Carlo Salvador, mise en scène de Tommaso Taddei (au Ridotto du Th Niccolini)
 

FAIM !
J’ai mal au ventre à chaque fois que surgit l’insoutenable vision de mes frères décharnés qui, tels de longs cortèges de condamnés, hantent ces prisons aux geôliers invisibles que sont les couloirs de la faim … 
J’ai l’estomac qui se serre lorsque dans la file d’une distribution de nourriture, le regard d’un assisté vient rageusement buter sur les produits à bas prix qu’on lui présente…
J’ai mal au ventre parce que je sais que eux, c’est moi.
J’ai la tête qui tourne à force de penser que nous faisons partie d’un même réservoir où des mains, pas si anonymes que ça, décident ou non de notre survie en nous accordant cet immense privilège d’aller produire pour elles. Pas besoin des scénaristes de Hunger Games pour ressentir la cruauté des jeux de la faim. 
Et quand je pense qu’aucune des terres que nous cultivons, aucun des pains que nous fabriquons ou des projets que nous concevons ne nous appartient, j’en ai mal au ventre. Nous sommes les producteurs, mais nous ne possédons rien de ce que nous produisons. Même pas un droit de regard. Juste l’espoir, avec le salaire qu’on nous concède, de dribbler hormones, colorants et autres astuces que le marché jette dans nos assiettes.
J’ai pourtant faim d’une nourriture vraie. J’ai faim d’un poulet qu’on ne m’obligerait pas à spécifier « bio » pour être sûr qu’il ne soit pas plein de dioxine ou de maïs transgénique. J’ai faim d’une vie où je ne devrais pas serrer les dents, une vie où lorsque je remplirais l’assiette de mes enfants, je serais enfin capable de leur garantir la vérité d’une tomate sans pesticide ou d’un poisson sans mercure.
J’ai faim d’une nature délivrée des impératifs marchands. Faim d’égalité sociale, de temps libre, de vraie vie.
Plus que tout, j’ai faim de vérité. Faim d’une existence qui ne soit plus soumise à aucune promesse politique, à aucun chantage, aucun diplôme, aucun salaire. Faim d’un monde où les hommes ne se coudraient pas les lèvres et ne s’aspergeraient plus d’essence pour hurler leurs désirs.
Et la faim me monte à la tête.
Et ma tête se persuade qu’il n’est maintenant plus possible de continuer à faire l’autruche, qu’on est en 2014 et que ça suffit. Ma tête et mon coeur me disent que nous allons enfin nous réveiller de ce mauvais rêve capitaliste qui nous conduit droit dans le mur.
Mon estomac se réchauffe, ma langue se délie, mon poing se serre et je me surprend alors à rêver que demain, ou au maximum après-demain, nous prendrons une fois pour toutes nos destinées en main et que jamais au grand jamais, nous ne les remettrons à cette « catin du genre humain » (Shakespeare) qu’est l’argent.
La faim me rend dingue !
Patrick Duquesne.