Festivals

FITA Théâtre Action 
Bruxelles mars 2013


14ème FITA – vendredi 15 et samedi 16 mars à Bruxelles

Salle LUMEN 32-36 chaussée de Boondael à 1050 Bxl
(Place Flagey) – Réservations: 0471 – 67 63 97

VENDREDI 15 MARS
18h00 Apéritif +antipasto
18h15 Bel appartement clé-sur-porte (BE)
Cie Fil en trop’
19h00 Semons-les !(acte1)(IT)
Teatro Contadino Libertario
19h30 Buffet
20h30 Madoff(IT – BE)
Laboratorio Amaltea& Collectif Libertalia
– Après-spectacle bar, rencontres informelles et musique –
SAMEDI 16 MARS
17h30 Semons-les… encore !(actes 2 et 3) (IT)
Teatro Contadino Libertario
18h30 Pour continuer à tourner en rond… (BE)
CPAS de St Gilles & Collectif Libertalia
19h30 Buffet
20h30Pas de quartiers ! (BE)
Théâtre du Public
– Après-spectacle: bar, rencontres informelles et musique –

Réservations: 0471 – 67 63 97
10 € / jour (étudiants, chômeurs, artistes: 8 €)
8 € / spectacle (étudiants, chômeurs, artistes: 7 €)
Pass 2 jours: 15 €
 


dans le détail…
VENDREDI 15 mars

18h00 Apéritif +antipasto

18h15 Bel appartement clé-sur-porte
par la Compagnie Fil en trop’ (BE)
avec Julie De Cock, Merel Verwimp et Virginie Baudson
Spectacle de marionnettes à l’impertinence joyeuse.

Pour grands enfants et adultes de 10 à 110 ans.

Devant vous, un immeuble, avec des gens en haut, en bas, à gauche, à droite. Six personnages, six univers, six caractères. Des tranches de vie qui se croisent sans se voir et se frôlent sans se toucher. 7h01. Chacun entame sa journée. La même qu’hier et sûrement celle de demain. Ici, rien n’est laissé au hasard, tout est réglé. Et si, dans les consciences endormies, il restait quelques étincelles de vie…

Par le biais de la marionnette, ce spectacle aborde les mécanismes de contrôle, la séparation des individus et les préjugés sur un ton humoristique, cynique et poétique. Guitare et accordéon viennent ponctuer et colorer l’histoire.

19h00 Semons-les ! – 1° acte (10′)
par le Teatro Contadino Libertario (IT)
de et avec Emiliano Terreni (apiculteur), Davide Cecconi (viticulteur), Giovanni Pandolfini (agriculteur), Mario Dindelli (jardinier) et la participation de Lucie Duquesne (étudiante).
Un Premier acte où l’on assiste à la rencontre surréaliste entre un consommateur acharné et une petite merveille de graine qui germe.
Les membres toscans du Teatro Contadino Libertario (Théâtre Paysan et Libertaire) sont de jeunes « enragés » devenus agriculteurs par choix. Ils ont grandi, étudié et travaillé en ville jusqu’à ce qu’un jour, épuisés par les néons et les embouteillages, ils partent à la recherche d’un autre rapport à l’activité, à la terre, à la nourriture, aux autres. Depuis, outre le travail aux champs et leur implication dans différentes luttes, ils se sont mis au théâtre et promènent leurs spectacles du nord au sud de l’Italie en abordant des thématiques « d’extrême urgence sociale, politique et environnementale », selon leurs propres mots. Pour la première fois à Bruxelles, ne ratez pas les petites formes sans paroles que présentent les « contadini arrabbiati » (les paysans fâchés), comme les ont surnommés leurs amis.

19h30 ! Buffet original et convivial ! (6 €)

20h30 Madoff
par la Compagnie Laboratorio Amaltea (IT)
et le Collectif Libertalia (BE)
avec Dimitri Frosali
mise en scène de Patrick Duquesne
(en italien sous-titré en français)
Une étrange rencontre entre Bernard Madoff et la vérité. Tout commence par la visite d’un inspecteur du Ministère de la Justice: «Pour nous, le procès au cours duquel vous avez été condamné est une farce. Il manque l’élément essentiel. La vérité.» Oui, mais où se cache-t-elle? Dans la religion, dans l’argent, dans la révolution? Ou dans la parano de cet inspecteur de la Justice qui défend que Madoff a cherché à abattre le capitalisme? Les incertitudes actuelles sont toutes passées en revue jusqu’à ce qu’enfin Madoff se mette à parler. Face au Capital, un nouvel acteur fait alors son entrée en scène…
Membre de la compagnie toscane de l’Arca Azzurra Teatro dirigée par le dramaturge Ugo Chiti, l’acteur Dimitri Frosali se confronte ici à la démarche de création collective propre au Théâtre Action en proposant, aux côtés de Patrick Duquesne à la mise en scène, un monologue sans temps mort sur le devenir du capitalisme.
– après-spectacle: bar, rencontres informelles et musique italienne –


SAMEDI 16 mars

17h30 Semons-les… encore !2° et 3° acte (20′)

par le Teatro Contadino Libertario (IT)

de et avec Emiliano Terreni (apiculteur), Davide Cecconi (viticulteur), Giovanni Pandolfini (agriculteur), Mario Dindelli (jardinier).

La suite des aventures sans paroles des « contadini arrabbiati » (les paysans fâchés). Un deuxième acte où l’on assiste au geste libertaire de semer, envers et contre tous les artifices et conditionnements d’un système basé sur la propriété privée et le contrôle social. Un troisième acte où l’on assiste à la rédemption d’une génération née à la campagne et qui, du divan à la télévision en passant par le supermarché, s’est peu à peu étiolée.


18h30 Pour continuer à tourner en rond, tapez un chiffre entre 0 et 9
par les acteurs du CPAS de St Gilles
création artistique en atelier dirigée par le Collectif Libertalia (BE)

avec Jana Cisarova, Chantal Gilain, Saïd Hallal, Saïd Talabouzerouf

mise en scène
Pauline Brouyaux
Julie De Cock

«Administration: mot qui commence comme admiration et finit comme frustration». Trimballés d’un endroit à l’autre, dans un univers absurde et surréaliste, renvoyés de portes en postes, de guichets en comptoirs, bienvenue dans le monde de l’administration! Un monde mesquin, pénible, assommant, humiliant. Des gestes répétitifs, inutiles, dérisoires, des documents à remplir, compiler, signer, faire cacheter… et puis cette attente sans fin… Sans fin, vraiment ?

19h30 ! Buffet original et convivial ! (6 €)

20h30Pas de quartiers !

spectacle rock du Théâtre du Public (BE)

en collaboration avec le groupeRock en Stock
avec Arlette Delvaux, Nadine Delvaux, Jean-Claude Demarbaix, Philippe Dumoulin, François Houart, Chantal Milon, Dino Toffolo, Olivier Toffolo, Renaud Tefnin et Loïc Van Hoolandt.

texte de Toni Santocono

mise en scène de Patrick Duquesne

scénographie de Michaël Declercq

costumes de Françoise Van Thienen

création éclairage de Mathieu Houart

régie de Jean-Jacques Deneumoustier

Il y a l’usine qui a fermé. On l’a rasée, et à la place, le bourgmestre a promis du logement social. Ça arrange ceux qui sont depuis cinq ans sur une liste d’attente. Or, magie de la spéculation immobilière, voilà que sort du chapeau un projet de centre commercial ! Dans le quartier, tout le monde s’insurge. Certains reprennent les mégaphones, d’autres ressortent leurs guitares. Et on dirait même que les plus anciens ont décidé de passer à l’action directe…

Parce qu’on avait envie de tendre une oreille aux colères, peurs, doutes et désirs des personnes qui vivent à côté de nous, nous nous sommes rendus dans les quartiers de La Louvière, à Houdeng, à Haine-Saint-Paul, Saint-Vaast, etc. et sur le chemin, nous avons glané ci et là quelques bribes de ce qui bouleverse, agite, touche, révolte les habitants que nous avons rencontrés. A partir de ce terreau fertile, un auteur, un metteur en scène et dix acteurs – certains dont le théâtre est un métier, d’autres qui brûlent les planches pour la première fois – ont fait croître une fiction qui interroge, avec humour et impertinence : par quels moyens et jusqu’où sommes-nous prêts à agir face à tout ce qui bulldozer nos vies ? Question que nous désirons semer partout où nous jouerons, dans les quartiers d’ici et d’ailleurs, de façon à ce que l’écho de situations semblables puisse résonner d’un lieu à l’autre et – qui sait – soulever un vent de solidarité joyeuse…

– Après-spectacle: bar, rencontres informelles et musique rock –


AMOUR ET REVOLTE

Le manifeste du Festival, par le Collectif Libertalia

 

Il en va au théâtre comme dans la vie. Tout commence toujours par une scène d’amour.

Roméo déclare sa flamme à Juliette qui, de son balcon, se laisse bercer par la douce voix de son amant. Roméo et Juliette veulent juste s’aimer et partir ensemble. L’amour est là, nécessaire, vital et fragile. Mais aujourd’hui dans le monde, rien n’est simple. Juliette a perdu son travail et Roméo, qui est Tunisien, a pour seuls papiers des petits paquets de mouchoirs qu’il vend aux passants. Nous sommes en 2012. La crise frappe fort. Roméo saigne et Juliette pleure. De tristes augures ressuscitent même une ancienne prophétie Maya sur la fin du monde. Pas d’avenir pour les amants de Vérone. Alors Roméo se prend la tête entre les mains, et s’enfuit en courant malgré les cris de sa bien-aimée. Et Juliette se retrouve seule, sans voix, enfermée sur son triste petit balcon de banlieue. La révolte est là, inévitable, passionnelle et violente…

Il en va au théâtre comme dans la vie. Tout n’est que changements, imprévus, rebondissements.

Juliette se visse une casquette sur la tête, enfonce ses oreillettes et branche son mp3. Elle enjambe le balcon. Un refrain de Muse à fond dans les oreilles, elle saute les obstacles et court après sa vie. Au beau milieu de la foule, elle rattrape Roméo et le traîne de force jusqu’à un train qui part pour Gênes. Là, elle le pousse sur un bateau qui les emmène vers la Méditerranée. A peine débarqués en Tunisie, Juliette empoigne violemment Roméo. « Ecoute joli cœur, l’amour n’est pas un jeu qui se joue tout seul ! J’ai besoin qu’on se serre les coudes, toi, moi et les millions de fantômes qui comme nous ont une dévorante envie d’horizons nouveaux. Cette fois, pas question de laisser Shakespeare décider de la fin de cette histoire. Nous ne sommes pas seuls ! » Et là, comme par miracle, alors que Juliette étreint encore le col de Roméo, une étincelle jaillit. Autour d’elle, le sol se met à trembler. Une rumeur gonfle la rue, s’empare de la ville. On les croirait surgis d’un film en 3D : des tas de petits Roméo et Juliette se regroupent, les entourent puis les dépassent en chantant les mêmes mots. Comme le refrain d’un gospel qui aurait des airs de rap. « Nous n’avons pas de nom. Nous sommes légions. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Et nous arrivons. »

Une énorme vague de colère déferle alors sur la planète entière et envahit places et rues pour chanter l’amour et la révolte, d’abord en Tunisie, puis en Egypte et en Lybie, ensuite en Europe, en Grèce, en Angleterre, et même à Wall Street qu’occupent les révoltés, puis en Russie, en Roumanie…

Il en va au théâtre comme dans la vie. L’histoire n’est jamais toute tracée. Il arrive que ses acteurs en décident le dénouement…

On se prend alors à rêver à de nouveaux départs pour tous les Roméo et Juliette du monde. Une grande effervescence chaotique et créative où l’existence cesse enfin d’être évaluée en termes d’argent et où les agences de notation, remplacées par des groupes de mathématiciens fous d’amour, attribuent leur note la plus haute à un monde ouvrant enfin la voie à d’authentiques rapports humains loin de la concurrence et de la compétitivité.

Il en va au théâtre comme dans la vie. Tout finit toujours par une scène d’amour. Alors, demandons l’impossible, rejoignons la résistance et tombons amoureux ! Rideau !